OS 14:

OS 14:
Dehors, la pluie faisait rage. Les deux meilleurs amis entrèrent dans l'appartement sombre, trempés et essoufflés. Ils transportèrent les sachets qu'ils avaient dans les mains et les posèrent sur la table basse au milieu de la pièce. Les bouteilles s'entrechoquèrent. Un mélange de vodka, de whisky et de rhum. Ils étaient gelés jusqu'aux os. Alex pris la bouteille de vodka et but une gorgée pour se réchauffer. Arthur fit pareil.

Arthur: Dis-moi, on est le combien aujourd'hui?
Alex: Le 25 mars, c'est bon tu ne bosses pas demain tu peux rester toute la nuit et te bourrer la gueule à ta guise!


Ils entamèrent d'autres bouteilles et l'euphorie les gagna. Arthur voulu raconter une blague mais son ami ria aux éclats avant même qu'il l'ait terminé. Alors il s'approcha d'Alex pour lui plaquer la main contre sa bouche. Il voulait à tout prix l'empêcher de rire. La main d'Arthur manqua sa cible et il tomba à la renverse sur Alex qui perdit l'équilibre à son tour. Arthur se retrouva au dessus de son ami, complètement mort de rire. Mais Alex, lui s'était arrêté de rire.

Alex : Arthur ? Est-ce que tu peux m'embrasser ?

Alors leurs lèvres se rapprochèrent et se celèrent. Contents de ce premier contact, ils resserrèrent leur étreinte. Les mains se glissaient sous les vêtements, les lèvres se caressaient, les langues dansaient et l'excitation montait. Bientôt, ces simples caresses ne suffisaient plus aux deux hommes. Arthur se leva et enleva ses vêtements. Une fois dénudé, il reprit ses caresses sur Alex en le déshabillant. Celui-ci se laissait faire. De toute façon l'alcool l'avait rendu ivre et il ne se rendait plus compte de rien. A présent, ils étaient l'un sur l'autre, nus, et ils s'embrassaient langoureusement, frottant leurs virilités l'une contre l'autre. Puis, Alex décida qu'il prendrait les commendes : il repoussa Arthur de façon à se qu'il s'assied sur le fauteuil et s'abaissa au niveau de sa virilité droite comme un piquet. Sans un regard pour son homologue, il donna un long coup de langue. Arthur soupira de plaisir et agrippa les accoudoirs du fauteuil sur lequel il était assis. Alex quand à lui faisait jouer sa langue avec le gland d'Arthur avant d'enfoncer le sexe au plus profond de sa gorge. Il fit des vas et viens, lents, jouant surtout avec sa langue, jusqu'à ce que Arthur éjacule dans sa bouche. Le liquide fut avalé et Alex, totalement soul, se plaça à califourchon sur son ami pour l'embrasser. Ils bandaient toujours et Arthur se mis à caresser la verge du dominant. Ce dernier n'en pouvait plus, il en voulait plus, plus de sensations, plus de plaisir. Il s'empala alors doucement sur le sexe d'Arthur. Il ne ressentit pas la douleur, juste un plaisir qui le fit gémir. Il fit des vas et viens de plus en plus rapides, aidé par les mouvements de bassins réguliers de son homologue. Et puis Alex se retira et tira Arthur hors du fauteuil. Il se positionna ensuite face à l'objet, les mains sur les accoudoirs, se déhanchant outrageusement. Il commença à se branler pour provoquer son ami. Arthur trouva ceci tout à fait excitant et il se plaça alors derrière Alex. Il passa sa main sur son dos, suivant sa colonne vertébrale, se pencha pour embrasser sa nuque et le pénétra lentement. Alex poussa un gémissement tout en continuant de se caresser. Arthur lui, entamait de puissants vas et viens en caressant de ses mains le dos, le torse, les hanches et les fesses de son ami. Ils continuèrent de se donner ainsi du plaisir dans une parfaite osmose avant d'atteindre l'orgasme et de se libérer presque simultanément. Alex se laissa tomber dans le fauteuil et Arthur vient se blottir contre lui. Ils s'endormirent tous les deux ainsi.

~

Quelques rayons de soleil percent à travers les volets mal fermés et deux paires d'yeux s'ouvrent avec difficulté. Arthur s'étira puis se rendit compte de la position dans laquelle ils se trouvaient. Alex le regarda, l'air choqué. Des tas de questions traversèrent leurs esprits en ce court instant.

Alex : Qu'est-ce qu'on a fait ?
Arthur : Eh bien...il semblerait que nous ayons couché ensemble.


Arthur se mit à rire, mais son ami (sur lequel il était assis) le poussa violement.

Alex : Pourquoi ris-tu ?! Tu ne te rends pas compte ? Ou peut-être que ça t'as plu hein ?!

Alex s'était levé. Il était hors de lui et criait sur son ami qui était tombé par terre.

Arthur : Figure toi que...que oui, ça m'a plu ! Tu ne le sais pas, je n'ai jamais osé t'en parler de peur de ta réaction mais...je suis amoureux de toi depuis plusieurs mois...

Alex était choqué à l'entente de cette nouvelle et ne savait comment réagir. Il bouillonnait de l'intérieur. En plus de tout ça, il avait mal au cul et la gueule de bois !

Arthur : S'il te plait, ne me rejettes pas...dis-moi que ça t'as plu, que tu m'aimes aussi...
Alex : Non ! Non c'est hors de question ! Je n'arrive pas à le croire, tu me dégoutes...je ne veux plus jamais entendre parler de toi !


Il partit s'enfermer dans la salle de bain alors qu'une larme glissait lentement sur la joue d'Arthur. Il s'habilla et partit, sans un mot.

~

Alex n'en peut plus, il tourne en rond, il va devenir dingue ! Il fait les cent pas dans son appartement, une bouteille de whisky à la main. Vous savez, il regrette tellement...il souhaiterait remonter le temps et dire à Arthur, à son ami, qu'il n'arrête pas de penser à lui, qu'il l'aime. Oui, il l'aime, mais il s'en était rendu compte trop tard. Il a essayé de le joindre plusieurs fois, il était même allé chez lui pour lui présenter ses excuses. Mais il n'avait aucunes nouvelles. Cela faisait presque une semaine à présent. Alex était désespéré. Il croyait qu'Arthur faisait tout pour l'éviter. Il essaya de se calmer : assis sur son fauteuil, ce fameux fauteuil, il alluma la TV et tomba sur les infos. Bah oui, on était le 31 mars 20h. Il ne vit que des images horribles de guerres et de procès, de faits divers sanglants. Il ne pouvait plus penser, s'en était trop. La TV fut éteinte, et notre homme recommença à faire les cents pas. Une gorgée de whisky descendit le long de sa gorge et il s'empara du journal déposé devant sa porte par le facteur ce matin là. Il le parcouru vaguement, ne parvenant pas à se concentrer sur un article quelconque. Et puis, sur l'une des pages, un nom l'interpella : « Burtman Arthur ». Alex vit alors qu'il se trouvait sur la page des décès. Il plaqua une main sur sa bouche mais ne parvient pas à retenir ses larmes.
« Burtman Arthur, s'est suicidé le 26 mars dans son appartement. Paix à son âme. »

FIN

# Posté le dimanche 11 janvier 2009 16:08

Modifié le dimanche 01 mars 2009 13:57

OS 15:

OS 15:
Le soleil tape, les oiseaux sifflent, le vent léger et chaud caresse mon visage, le ruisseau qui coule au loin m'offre une magnifique mélodie et l'herbe haute se balance tranquillement au doux rythme du souffle du vent. Tout est parfait ainsi...surtout si l'on ajoute à ce petit paradis, ce garçon blottit dans mes bras, ce garçon mon amoureux. François a la tête sur mon torse et nos jambes s'entrecroisent. L'image de nos deux corps enlacés, pour l'instant inertes dans les hautes herbes, ferait une magnifique carte postale. Si les gens étaient plus ouverts évidement...Mais là, avec l'impression d'être seul au monde, comment leur en vouloir ?

François : Mon amour ?
Moi : Mouii ?


Il avait dit ça d'une manière si enfantine qu'il en devenait totalement attendrissant.

François : J'ai envie de toi.

Sans attendre de réponse, il se mit à califourchon sur mon bassin.

Moi : Ici, maintenant ?
François : Hum...mouii !


Et il commença à gigoter sur moi, enlevant son T-shirt. Imaginez votre mec assis sur vous, enlevant son T-shirt au ralentit, le soleil derrière, les yeux pétillants et le sourire pervers...trop orgasmique !

François : Pierre ! T'es pas drôle...J'ai pas encore commencé et tu bandes déjà...
Moi : Pardon mais t'es tellement beau...


Il se penche vers moi pour m'embrasser sur la bouche avant de s'attaquer à mon cou qu'il butine. Au même moment, une abeille se pose sur un coquelicot et le butine à son tour. Et lorsque je sens la langue de mon blond pénétrer dans mon nombril, l'abeille a pénétrer dans le c½ur de la fleur. Ces deux images de l'acte sexuel m'excitent au plus haut point.

Moi : Stp...suces-moi...
François : J'hésite...


Il ouvrit mon jean, en sortit ma virilité bien dressée (tel le brin d'herbe à côté xD) mais ne se contenta que de déposer de vifs baisers dessus.

Moi : Putain arrêtes c'est de la torture !
François : Bon ok, j'arrête...j'étais pourtant chaud pour te faire une superbe FELL-A-TION...


Il insista bien sur le dernier mot en le décomposant.

Moi : Mais nan...ce n'est pas ce que je voulais dire. Je veux une fellation !
François : Hum...supplies-moi.


Alors comme ça il voulait jouer ?

Moi : Bon ben j'en veux plus ! Pousses-toi !
François : Quoi ?! Nan restes là stp je te la fais !
Moi : Demandé si gentiment.


Sans s'en rendre compte, c'est lui qui m'avait supplié et j'aurais droit à une pipe en bonus ! Elle est pas belle la vie ? Il lécha mon membre, m'arrachant un gémissement de surprise. Puis il l'enfonça dans sa gorge petit à petit, jouant avec sa langue, variant la pression et la vitesse. Arrivé au plus profond, il repartit en sens inverse, me mordillant gentiment. Il suçota mon gland et fit de vifs vas et viens avec sa bouche. François s'arrêta à temps et remonta m'embrasser. Je me rendis comte que sous le plaisir, j'avais arraché des brins d'herbes jusqu'à la racine, et la terre qui allait avec ! François s'était déshabillé.

François : Retourne toi mon amour et arrêtes de faire du mal aux plantes stp.

Autoritaire en plus ! Mais je ne demande pas mieux. Je me mets à quatre pattes, laissant tout le loisir à mon chéri de mater mon cul. Charmant me direz-vous ! Il pose ses mains sur mes hanches, doucement, et approche sa fierté de mon intimité. Il fait de petits cercles pour m'exciter encore (si cela est possible !) en me massant le dos. Je suis à bout de souffle et je veux qu'il me prenne. Entre deux brins d'herbes et une pâquerette, je vois passer un couple de gendarme, attaché l'un à l'autre. Un jour normal, cette scène m'aurait fait rire. Aujourd'hui n'est pas un jour normal (ça vous arrive souvent de vous faire enculer en pleine et profonde brousse vous ?) et ce spectacle ne me fait pas rire mais m'excite énormément. Mon amoureux ne m'a pas encore pénétrer. Ses mains glissent partout où elles le peuvent, sur ma peau chauffée par le soleil. J'en ai des frissons.

Moi : C'est pas que j'attends que tu m'encule mon amour mais...BAISE MOI !!!!

François a une sorte de sursaut et il me pénètre violement. Je ne peux m'empêcher de crier à la fois de douleur et de plaisir. Je me crispe et mon amant se stop en moi et me caresse à nouveau le dos.

François : Pardon chéri...hum, je t'aime...

Il faisait de lents vas et viens bien profonds. Je continuais de regarder le sol, m'accrochant aux herbes, transpirant à grosses gouttes. Je nous imaginais, dans cette campagne, faisant l'amour. C'était comme réaliser un fantasme. J'imagine mon mec m'enculer, se cambrant derrière moi, la tête partant en arrière. Qu'est-ce je trouve cette vision magnifique ! Il devient plus violent, plus sec. C'est tellement intense !!

François : Han !! T'es trop bon !!!

Sa main droite parcourait mon dos, passa sur mon ventre. Ses doigts firent le tour de mon nombril et tripotèrent mon gland. Ces mêmes doigts se resserrèrent sur ma virilité entière, m'arrachant un gémissement. La main de François bougeait au même rythme que nos ébats. Ma tête tournait tellement le plaisir était intense, des frissons parcouraient tout mon corps qui vibrait sous les caresses de François.

Moi : Haa !!François plus fort ! Encore plus fort !!

Il réussit à frôler ma prostate. Juste frôler. Un plaisir fou m'envahie et il recommença à toucher ce point plusieurs fois d'affilées sous mes gémissements. Puis je sentis une montée soudaine d'adrénaline en plus de sa part juste avant qu'il se libère en moi. Savoir qu'il avait atteint l'orgasme et qu'il avait éjaculé en moi m'excita encore plus. François donna un dernier grand coup de rein où il toucha à nouveau ma prostate. Moi j'atteins le septième ciel, je touche les étoiles en criant mon plaisir. Plaisir qui porte le nom de mon amour. Je me rends compte que mes bras tremblent et que j'ai du mal à respirer. Je me laisse littéralement tomber à plat ventre, François sur mon dos. Nos deux corps en sueurs sont collés l'un à l'autre et je sens à la fois le souffle rapide de mon chéri dans mon cou et les battements affolés de son c½ur. Je me sens tellement bien. Il fait nuit à présent et les étoiles et la lune sont la seule source de lumière. Un vent frais caresse l'herbe et nos cheveux. Nous changeons de position et mon amant se blottit contre moi. Tout est parfait ainsi. François a la tête sur mon torse et nos jambes s'entrecroisent. L'image de nos deux corps enlacés, pour l'instant inertes dans les hautes herbes, ferait une magnifique carte postale. Si les gens étaient plus ouverts évidement...Mais là, avec l'impression d'être seul au monde, comment leur en vouloir ?

# Posté le vendredi 06 mars 2009 05:52

OS 16:

OS 16:
Bonjour. On m'appelait Jill. J'étais une adolescente de 16ans, mais pas une adolescente comme les autres : moi, j'étais une toxico. En effet, j'ai commencé à me droguer à 14ans. Pour la simple et mauvaise raison que mon petit ami de l'époque, de 3ans plus vieux que moi, se shootait. Il est vrai, j'étais pleine d'admiration pour les fixers, je les considérais comme des dieux ! Ce petit ami que j'aimais et admirais tant, m'a laissé tomber deux mois après mon premier shoot et la première fois où nous avons fait l'amour. Il est d'ailleurs mort d'une overdose quatre mois après notre séparation. Dès lors, j'ai plongé la tête la première dans le monde de la drogue. Le jour où j'ai atteins la dépendance physique, je me suis dit « tu vois Jill, ce monde qui t'attirait tant, que tu admirais tant, ben ça y est, t'es en plein dedans ! Plus rien ne peut t'impressionner à présent.». Bien sûr, à ce stade, je n'avais déjà plus les moyens de me procurer les doses d'héroïnes nécessaires pour la journée. Avant, mon petit ami me les payait, après, je volais et revendais ou faisait la manche. Mais très vite, se n'était plus suffisant. Alors j'ai commencé à me prostituer. Un client correspondait au prix d'un shoot, ainsi, je n'avais qu'à faire trois ou quatre clients pour avoir assez d'héroïne pour la journée. Bien sûr, parallèlement, je séchais l'école car trouver des clients à peu près « potables » pouvait prendre beaucoup de temps. Ma mère ne se doutait de rien malgré que je maigrisse à vu d'½il. C'est que l'héroïne avait rendu mon foie inopérant, et mon estomac ne supportait plus beaucoup d'aliments. La plupart du temps, tous les jours se ressemblaient : le matin, je me réveillais en pleine crise de manque. Je faisais mon premier shoot de la journée dans ma chambre (il y a un verrou à ma porte). A 7h45, ma mère me déposait en voiture à mon collège. J'attendais qu'elle ait tourné au coin de la rue en lui faisant des signes de la main, puis me dirigeais vers la gare. C'est là-bas l'endroit où les jeunes toxico font le trottoir. J'attendais midi avec mon meilleur ami Alexis (on trouve rarement des clients le matin). Il y avait alors des masses humaines qui entraient et sortaient de la gare. Le plus souvent, nos clients étaient des employés de la gare qui voulaient se détendre après une matinée passée derrière un bureau. Une fois qu'on en avait fini avec eux, on allait chercher nos doses. On s'installait ensuite dans des WC pour faire notre shoot. Si on n'en avait pas assez pour le reste de journée, on retournait attendre le client. Autrement, on allait se balader bras dessus bras dessous dans les rues de notre petite ville, heureux comme des rois. Mais il arrivait quelques fois, des hordes entières de flics qui débarquaient devant la gare. Alors tous courraient pour échapper à la rafle. C'était chacun pour soi, et si l'on voyait un ami se faire embarquer, on ne faisait rien pour l'aider. Heureusement, je ne me suis jamais fait prendre par les flics. Malgré se qu'on pourrait penser, la prostitution n'est pas si terrible. Du moins au début...j'arrivais toujours me débrouiller pour trouver des hommes qui ne voulaient pas coucher. Mais par la suite, je ne pouvais plus me permettre ces petits caprices : je finissais par coucher pour de bon, et là, valait mieux choisir soigneusement ses clients. Mon train-train quotidien a continué ainsi pendant de nombreuses semaines. J'enchainais clients, shoots, clients, shoots, ...et mensonges pour ma mère. Jusqu'au jour où j'ai rencontré David : il débutait dans le milieu en tant que dealer et a été très vite reconnu comme un bon dealer. Quand je lui ai adressé la parole pour la première fois, il n'était même pas encore en dépendance physique. Et je lui offrais un shoot. En moins de deux semaines, il avait plongé. Dépendance, abandon de l'école, délabrement physique, amincissement excessif, fugues, prostitution et tout ça à cause de moi. En trois fois moins de temps que moi, il s'était retrouvé dans un état pitoyable, pire que le mien. Mais je ne m'en voulais pas, je continuais à lui offrir de la dope quand il m'en demandait. Et puis nous nous sommes mis ensemble. Je l'aimais sincèrement David. Pour lui j'ai quitté ma mère et mon foyer. Nous avons passé trois jours entiers dans la rue puis nous nous sommes trouvé un client commun chez qui nous pouvions passer la nuit. Mais des tensions sont rapidement nées dans cette relation, ce que j'appellerais aujourd'hui « amour de toxico » : en effet, nous nous aimions mais dans le même temps, on se prostituait tous les deux et souvent avec les mêmes clients ! Et cela aboutissait bien souvent à des disputes (parfois violentes). Quand l'un était en manque, l'autre n'avait aucun mal à le rabaisser, même si on finissait par retomber dans les bras l'un de l'autre en pleurant. Quelques semaines plus tard, j'apprenais la mort d'Alexis, mon meilleur ami. Je ne l'avais pas revu depuis plusieurs mois car il ne s'entendait pas avec David. Je l'avais tout bonnement abandonné et pour cela, je n'ai pas versé une seule larme. Je n'avais été capable de dire qu'une chose : « merde. ». La vie continuait : je me réveillais vers midi, me faisais un shoot, prenais un café et allais à la gare en compagnie de David. Je faisais quelques clients, allais m'acheter quelque chose à manger, revenais, me faisais un shoot. Le soir, je retournais chez le client et je faisais l'amour avec David. Et puis les choses avaient commencé à mal tourner. Un matin d'hiver, j'avais été prise dans une rafle. Les flics m'avaient laissé dans une cellule avec d'autres toxicos pendant deux heures. Puis ils nous avaient fouillé, nous avaient pris toute notre came et avaient relevé nos identités. Ma mère venait alors me chercher une heure plus tard. Cela faisait bien trois ou quatre mois qu'on ne s'était pas vu et elle m'avait à peine regardé. Bien sûr, elle n'était pas bête, ma mère ! Elle avait deviné depuis bien longtemps que je me droguais. Mais qu'aurait-elle bien pu faire ? Les parents sont bien impuissants dans ces cas là... elle n'avait même pas cherché à me retrouver et à me ramener à la maison. Ainsi je rentrais chez moi, dans mon nid douillet et je me surprenais d'en être heureuse ! Ce soir là, ma mère ne m'avait pas adressé un seul mot, mais une fois que je m'étais couché, elle m'avait demandé : « Jill...n'y a-t-il aucun moyen pour que tu cesses de prendre ces drogues ? Sais-tu qu'elles finiront par te tuer ? » Et je lui avais répondu, plus sincère que jamais : « Je ne demande qu'à arrêter maman. J'ai si peur de mourir... ». Dès lors, je m'étais mise à chialer et ma mère me tombait dans les bras. Nous avons alors pleuré ensemble et parlé durant des heures. Le lendemain, mon amour de mère m'avait enfermé dans la maison. Je commençais mon tout premier sevrage. Durant quatre jours entiers, je transpirais, je puais, je dégueulais et me tordais de douleur. A l'issue de ces quatre jours d'horreur, j'avais pu me lever et sortir, sous la surveillance de ma mère bien entendu : elle m'avait donné son téléphone portable et m'appelait toutes les heures de son travail. Je m'étais alors rendue à la gare. Il fallait absolument que je vois David. Je n'avais pas cessé une seule fois de penser à lui durant mon sevrage. Je me sentais tellement bien, comme libérée, que je voulais qu'il en fasse de même. Nous aurions alors pu devenir un couple d'adolescents normaux et ça aurait vraiment été le bonheur. En arrivant à la gare, pas de David. « Il doit être avec un client » je me disais. Une fille de mon âge avec qui j'avais souvent discuté s'approchait alors de moi :
«-Hey ça fait un bail !
-Salut. Ben ouais tu vois, j'ai fait un sevrage. La came, c'est fini pour moi !
-Ah c'est cool. Pourquoi tu es venue alors ?
-J'attends David. Il doit absolument faire comme moi. La vie sans dope c'est extra. »

Et cette fille m'apprenait que David avait fait une overdose il y a trois jours. Il y était resté à son tour...Je ne voulais pas le croire. C'était comme si je l'avais tué de mes propres mains. C'était moi qui l'avais incité, qui l'avais poussé à se droguer. Si je n'avais pas commencé, lui non plus, et si je ne l'avais jamais rencontré, il ne serait pas mort à l'heure qu'il est. Je disais tout ça à la nana qui ne cessait de me répondre des « t'en fais pas », « ça va s'arranger », etc...je pleurais comme une madeleine. Et puis un homme s'était approché en me demandant combien je prenais. Je l'engueulais comme du poisson pourrit pour finir par accepter sa proposition. Il prenait une chambre d'hôtel, me payait et se déshabillait. Je m'étalais sur le grand lit, et commençais à pleurer quand il commençait à me baiser. Il ne me posait aucunes questions, se contentait de jouir et de partir. Alors je séchais mes larmes et allais m'acheter de quoi me shooter. Je partais ensuite à la recherche de toilettes publiques et ignorais un appel de ma mère. De toute façon, plus rien n'avait d'importance pour moi. Je n'avais qu'une idée en tête : en finir, pour de bon. Oui, moi aussi je voulais y passer. Je choisissais une cabine, la plus chouette, la plus propre et étalais mes ustensiles sur le sol. Je préparais le mélange et plaçais la seringue à mon bras. J'avais prévu un gramme d'héroïne entier. Cela devrait suffire. Non, je n'avais pas peur de la mort à vrai dire. Je pensais à David, mon amour, mon premier vrai amour. Mais aussi à Alexis : jamais je n'aurais dû l'abandonner. Je recommençais à pleurer. Pour David, pour Alexis et puis je pensais à ma mère : elle qui avait essayé de faire quelque chose pour moi. Je n'avais jamais douté de son amour et là, j'allais la libérer elle aussi. L'aiguille perçait une veine et versait son poison qui se mêlait à mon sang. Soudainement, une décharge déchirait mon c½ur. J'avais l'impression que mon crane allait éclater, littéralement. Je m'écroulais alors, morte, sur le carrelage de ces toilettes super chouettes. Je regrette toute cette existence, aussi courte soit-elle...

FIN

# Posté le lundi 16 mars 2009 10:38

Modifié le samedi 21 mars 2009 14:42

OS 17:

OS 17:
J'avance seule sur la falaise. Autour de moi, tout est vide. Triste paysage dénaturé. Pas un brin d'herbe sur cette terre sèche et morne. Pas un arbre, pas un animal, pas un bruit, pas un souffle de vent. Seulement, le ciel est bleu. Bleu uni, sans nuage, sans oiseaux, juste bleu. C'est comme si le monde entier avait disparu. Comme si il ne restait plus que moi. Je ne sais pas comment je suis arrivée là, ni pourquoi je suis seule. Jamais le silence n'a été aussi pesant. Alors j'avance. Lentement, je prends mon temps, rien ne presse. Je me retourne : personne, rien. Le bord de la falaise est rocailleux et au-delà, c'est le vide. Je ne vois rien au fond de ce précipice fait de terre et de pierres. Tout à coup, j'ai très peur de tomber de cette falaise aride. Et pourtant, je me sens inéluctablement et irrévocablement attirée par ce trou béant. Et puis le silence est brisé. Des voix m'atteignent. Elles crient, s'étranglent et se rapprochent. Mais tout se passe au ralenti. Je me retourne pour découvrir que ces voix hurlantes proviennent d'humains. Se sont des proches, amis et famille qui courent vers moi, faisant des signes de bras. Et ils crient en courant et en agitant les bras. Certains pleurent, aucun ne porte de sourire. Je ne saisis pas ce qu'ils veulent me dire. Mais soudainement, je perds le contrôle de moi-même. Mes yeux s'agrandissent et ma bouche s'ouvre. Aucun son ne sort de celle-ci. Les voix qui courent et agitent les bras en pleurant aussi ne font plus aucun bruit. Tout est redevenu parfaitement calme et doux. Moi, je tombe et rejoins le néant, criant en silence.

# Posté le mardi 31 mars 2009 17:04

OS 18:

OS 18:
La petite fille jouait sagement sur le tapis rouge, au milieu du salon. Elle n'avait pas plus de 4ans Tamara. Tamara, c'est comme ça qu'elle s'appelait. Le tapis, il n'avait pas toujours était rouge. Il était blanc avant...avant que le père de la petite pète les plombs. C'est le sang qui avait déteint qui l'avait rendu rouge ce tapis. Le sang qui continuait toujours de s'écouler, goutte à goutte, lentement, produisant un bruit régulier que Tamara s'était habitué à entendre. Elle s'était également accommodée à la vu du sang. Ni la couleur, ni l'odeur, ni le bruit des gouttes ne la gênait. Elle s'amusait, parlant même quelques fois à sa mère là haut. Elle levait la tête et lui souriait, mais n'obtenait aucune réponse...jamais. Et elle n'avait pas peur. Même si sa mère avait l'air de la regarder, les yeux exorbités et la tête penchée, sans bouger, pendant au plafond, corde saignante, Tamara n'avait pas peur. Elle ne comprenait pas, ne pouvait pas comprendre pourquoi sa mère ne lui répondait plus. Et après tout, elle ne voulait pas savoir...elle était assez intelligente pour deviner qu'il allait recommencer. Lui, son père, fou, malade, alcoolique, drogué. Dans le fond, il devait regretter à chaque fois. Il devait avoir honte de lui-même pour faire ce qu'il faisait, il devait se détester. Il battait sa femme, sa fille pour faire passer les humiliations qu'il subissait à son travail. Et ce jour là, il est allé trop loin. Sa femme s'est suicidé par sa faute, laissant leur petite fille seule, l'abandonnant à son mari, sachant parfaitement ce qu'il allait en faire. Mais de toute manière, cet homme finira par se suicider ; ce genre de personne ne mérite pas de vivre et lui-même s'en rendait comte. D'ailleurs, le voilà qui rentre à la maison. La petite Tamara l'accueil gentiment, l'embrassant. Il la prend dans ses bras, l'embrassant à son tour.
« -Tu as bien joué ma chérie ?
-Oui papa, mais maman ne veut plus jouer avec moi. »
Son père lui sourit et frotta son nez contre celui de sa fille. Et puis il regarde le cadavre de sa femme, le regard triste.
« -Papa, pourquoi tu n'embrasses pas maman ? »
L'homme ne répondit pas mais alla décrocher le corps inerte de la corde. Il déposa sa femme sur le tapis qui continuait à absorber le sang et puis appela Tamara.
« -Dis-moi ma chérie, tu voudrais rejoindre ta maman ? Ne t'inquiète pas, tu n'as pas à avoir peur... »
Mais la petite n'avait toujours pas peur, elle savait parfaitement ce qu'il allait se passer. Elle alla d'elle-même vers son père, le regard posé sur la corde. L'homme la rassurait inutilement en préparant toute l'installation. Il ne pleurait pas lorsqu'il poussa la chaise qui retenait sa petite fille. La corde la serrait, blessant son cou frèle, petit corps tremblant. Malgré tout, Tamara était heureuse: elle allait rejoindre sa maman, enfin libéré de cet enfer...

# Posté le dimanche 19 avril 2009 15:51