Encore un matin ordinaire.
Encore un trajet ordinaire.
Je prends tous les matins le même train pour aller à mon lycée.
*********************Le même train, à la même heure.
Et dans ce train il y a tous les jours le même mec. Si beau, si mystérieux...
*****************Tous les jours j'essaye de me persuader d'aller lui parler. Rien que faire connaissance, mais je n'y parviens pas.
Cet inconnu me fascine. J'y suis accro depuis le début de l'année. J'ose même espérer qu'il pense quelques fois à moi de la même manière que je pense à lui. Je lance un regard plein d'espoir dans sa direction, je l'observe, longtemps, et ce, jusqu'à ce qu'il le remarque. Il finit toujours par se sentir épié et tourne la tête vers moi. Nos yeux se fixent un long moment puis je détourne le regard, gêné. Je sais bien que je pourrais profiter de ce moment pour engager une quelconque conversation mais je me sens totalement bloqué en sa présence. Il dégage quelque chose de peu commun et qui m'attire irrémédiablement vers lui. Ce sentiment me fait peur.
Le train ralentit, premier arrêt : la personne à côté de moi se lève et sort. Mon fantasme prend sa place et je crois que je rougis. Tout à coup, je ne sais plus quoi faire de mes mains. A vrai dire, j'aimerais en glisser une discrètement sur sa cuisse mais je n'en aurais jamais le courage...alors je me racle la gorge...pour ne rien dire. Pathétique !
« Comment tu t'appelles ? »
Je me tourne vers lui et constate avec embarras que c'est à moi qu'il pose la question.
« Erwan »
« Erwan. Serais-tu capable de répondre le plus honnêtement du monde à une question ? »
« Euh...je...ferais ce que je peux. »
« Pourquoi n'arrêtes-tu pas de me fixer ? Je te plais ? »
« Ca fait deux questions. »
Il me sourit et s'approche de moi jusqu'à ce que je me cogne à la vitre du train.
« C'est bien ce que je pensais, merci pour ta franchise. Tes yeux sont magnifiques...»
J'ai l'impression qu'il va me bouffer et ça ne me déplait pas du tout ! Une douce chaleur m'envahit mais il s'éloigne au moment où je croyais qu'il allait m'embrasser. Je souffle un coup. Il me dit qu'il s'appelle Angel. Ca lui va si bien...trop bien.
Le train ralentit, deuxième arrêt : les portes s'ouvrent et le wagon se retrouve bondé entre les passagers peu nombreux qui le quittent et ceux trop nombreux qui y rentrent. Dans cette agitation, Angel me prend par la main et m'entraine avec lui, se faufilant entre les voyageurs jusqu'aux toilettes. Il referme la porte dernière lui avec précaution mais ne se retourne pas. La tête contre la porte, il soupire.
« Est-ce que tu vas bien ? je lui demande »
« T'es-tu déjà demandé ce qu'il y avait de plus fort que l'amour, au-delà de l'amour ? Non ? ... La fascination...et c'est ce que je ressens pour toi...je crois... »
« C'est plutôt moi qui devrais dire ça ! »
« Non ne dis rien laisse-moi parler. Je me sens tellement faible en ta présence. J'ai l'impression que tu lis en moi. Te voir comme ça tous les jours, vouloir engager une conversation sans jamais en avoir le courage, me poser des tas de questions...il fallait bien que je craque un jour. Et maintenant que c'est fait je fais quoi ? »
« Embrasse-moi c'est tout. »
Angel se retourne enfin vers moi, les yeux humides et avec un air de dire « c'est vrai je peux ? » qui le rend trop mignon. J'esquisse un sourire et le rejoins pour l'embrasser. Nos souffles se mêlent, puis nos langues et le baiser devient plus passionné. Le désir monte, je plaque Angel de plus en plus contre la porte et ses mains caressent mon dos. Et puis il enlève progressivement mon T-shirt avant d'échanger les rôles. On oublie complètement l'environnement dans lequel nous nous trouvons. J'enlève son T-shirt et caresse son torse en me disant qu'il est vachement bien foutu...j'en serais presque jaloux mais je n'ai de pensées que pour ses mains qui trifouillent l'ouverture de mon pantalon.
« Tu as vraiment des yeux magnifiques... »
Je souris et l'embrasse à nouveau. Une érection commence à se faire ressentir sous les caresse d'Angel, surtout lorsqu'il me délaisse afin de retirer son jeans. Je passe ma langue sur mes lèvres, puis sur les siennes et Angel embrasse mon cou, mon torse, mon nombril et retire mon pantalon. Le désir que nous éprouvons l'un pour l'autre en ce moment est surprenant, violent, inattendu. Mais cela permet de combler l'attente de cette rencontre. Angel embrasse mon sexe à travers mon boxer puis remonte embrasser mes lèvres. Ses mains se glissent partout jusque dans mon sous-vêtement. Nos baisers débordent, on ne s'applique plus, seule la satisfaction de notre désir compte. Je n'ai plus de boxer, ma virilité dressée frotte contre le seul vêtement qu'il reste à mon partenaire quand ce dernier se sépare de mes lèvres.
« J'en peux plus fais-moi l'amour ... »
Angel retire son boxer. On se regarde quelques secondes avant de se jeter littéralement l'un sur l'autre. Nos baisers et caresses se font plus insistants, on s'essouffle, on valse jusqu'au mur où je le soulève. Ses jambes s'enroulent autour de ma taille, il se cambre, tête en arrière, je n'ai jamais rien vu de si beau. Je titille son téton, il prend ma tête entre ses mains, j'entre un doigt dans son intimité, il gémit. J'attends qu'il se détende pour remuer et en ajouter un deuxième. J'aime lui donner du plaisir, j'aime entendre Angel gémir par mes mains.
« Hum...plus... »
Je descends au prochain arrêt et ce moment que je commence à redouter va bien tôt arriver. Alors je lui donne plus. Je retire mes doigts et enfonce mon membre gonflé à la place, assez violement pour qu'il ressente du plaisir mais juste ce qu'il faut de douceur pour qu'il n'ait pas mal. Il soupire, je suis bien, il s'habitue, je commence des vas et viens. Je ne peux retenir longtemps mon envie d'aller plus vite et plus fort. Angel cherche plus, ses mouvements de bassin de plus en plus prononcés ajoutent du plaisir. Il me regarde intensément, et commence à se masturber. Il m'excite encore plus. Même sa main sur ma nuque m'excite ! Je vais plus vite, Angel éjacule en soupirant mon prénom. Je vais encore en lui plus violement avant de me libérer à mon tour. Je repose Angel sur la terre ferme, me blottis contre lui, dépose un baiser sur son épaule.
« On va arriver en gare, dis-je »
« Je sais...je sais. »
Nous nous rhabillons et le train ralentit. Quelle synchronisation ! Nous sortons des toilettes, le sourire aux lèvres. Le train s'arrête complètement, je prends mes affaires. Angel me regarde, passe sa langue sur ses lèvres encore rougies. Les portes s'ouvrent, je me dirige vers la sortie.
« A demain matin. »
Je me retourne, lui lance un clin d'½il et descends sur le quai. Oui on se revoit demain, et après-demain, et tous les autres jours...